Transit gastro-intestinal: combien de temps cela prend-il?

Richard Bowen

Combien de temps la nourriture reste-t-elle dans mon estomac? Combien de temps faut-il avant qu’un repas atteigne le gros intestin? La réponse à ces questions fréquemment posées n’est pas nécessairement simple.

Premièrement, il existe une variabilité normale considérable chez les personnes et les animaux en bonne santé au cours des périodes de transit dans les différentes parties du tractus gastro-intestinal. Deuxièmement, le temps nécessaire au matériel dans la sonde digestive est considérablement affecté par la composition du repas. Enfin, le temps de transit est influencé par des facteurs tels que le stress psychologique et même le sexe et le statut reproducteur.

Plusieurs techniques ont été utilisées pour mesurer les temps de transit chez l’homme et les animaux. Sans surprise, différentes estimations ont été rapportées en fonction de la technique utilisée et de la population de sujets en cours d’évaluation. Certaines des techniques utilisées incluent:

  • Radiographie après un repas étiqueté au baryum. Des radiographies séquentielles peuvent être utilisées pour déterminer quand l’avant de l’étiquette du baryum atteint différentes régions du tube digestif. Ces repas ne sont pas très physiologiques et la technique expose le patient à une exposition répétée aux radiations.
  • Analyse de l’hydrogène dans l’air expiré. Un certain nombre de glucides sont très mal digérés ou absorbés dans l’intestin grêle, mais ils sont facilement fermentés par des bactéries lorsqu’ils atteignent le gros intestin. La fermentation libère de l’hydrogène gazeux, qui se diffuse dans le sang et est expiré en respiration, où il peut être facilement mesuré. Ainsi, après la consommation d’un repas contenant un glucide non absorbable (lactulose ou, plus communément, des fèves au lard), il se produit une forte augmentation d’hydrogène expiré lorsque le glucide atteint le gros intestin. Ceci fournit une estimation du temps de transit précolonial (estomac plus l’intestin grêle).
  • Analyses scintigraphiques. Les repas contenant des pellets ou des colloïdes marqués avec une petite quantité de radionucléide ( 99mTechnetium, 113mIndium, etc.) sont consommés et la position de l’étiquette radioactive est surveillée de manière séquentielle à l’aide d’une caméra gamma.

Les études sur le transit gastro-intestinal ont clairement démontré deux phénomènes connexes importants pour comprendre ce processus:

  1. Les substances ne se déplacent pas uniformément dans le système digestif.
  2. Les matériaux ne laissent pas les segments du tube digestif dans le même ordre qu’ils arrivent.

En d’autres termes, un repas est typiquement un mélange de matériaux chimiquement et physiquement divers, et certaines substances de ce mélange présentent un transit accéléré tandis que d’autres sont retardées dans leur flux en aval.

La figure ci-dessous montre un exemple de la manière dont les substances ingérées se répandent dans le tube digestif plutôt que de se déplacer de manière synchrone. Ces données ont été obtenues chez un volontaire humain qui a ingéré un repas contenant des granulés marqués au 111Indium, puis mesuré l’emplacement du signal radioactif dans le temps par scintigraphie. Il est clair que des parties du repas pénètrent dans le côlon en même temps que d’autres sont encore dans l’estomac.

La discussion ci-dessus devrait aider à expliquer pourquoi il est difficile d’indiquer avec précision combien de temps l’ingeste reste dans l’estomac, l’intestin grêle et le gros intestin. Néanmoins, de nombreuses études sur le transit gastro-intestinal ont été réalisées et le tableau ci-dessous présente des estimations approximatives des temps de transit chez des humains en bonne santé après l’ingestion d’un repas standard (aliments solides et mélangés).

50% du contenu de l’estomac vidé 2,5 à 3 heures
Vidange totale de l’estomac 4 à 5 heures
50% de vidange de l’intestin grêle 2,5 à 3 heures
Transit par le colon 30 à 40 heures

N’oubliez pas qu’il s’agit d’estimations des temps de transit moyens et qu’il existe une grande variabilité parmi les individus et au sein d’une même personne à des moments différents et après des repas différents.

Références

Camilleri M, LJ Colemont, Phillips SF, etc. Vidage gastrique humain et remplissage colique de solides caractérisé par une nouvelle méthode. Am J Physiol Gastrointest Foie Physiol. 257: 284, 1989.
Charles F. Camilleri M. Phillips S., etc. Scintigraphie de l’intestin: évaluation clinique des troubles du transit. Mayo Clin Proc 70: 113, 1995.
Degen LP et Phillips SF. Variabilité du transit gastro-intestinal chez les femmes et les hommes en bonne santé. Gut 39: 299, 1996.
Iwanaga Y, J Wen, Thollander MS, etc. Mesure scintigraphique du transit gastro-intestinal régional chez le chien. Am J Physiol Gastrointest Liver Physiol 275: 904, 1998.
Metcalf AM, Phillips SF, Zinsmeister AR, etc. Évaluation simplifiée du transit segmentaire du colon. Gastroentérologie 92:40, 1987.
Proano M, Camilleri M, Phillips Phillips, etc. Transit de solides dans le côlon humain: quantification régionale dans l’intestin non préparé. Am J Physiol Gastrointest Liver Physiol 258: 856, 1990.

Source de la page: http://www.vivo.colostate.edu/hbooks/pathphys/digestion/basics/transit.html

Traduit par Mathilde Guibert

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *